« Urchin »
- 11 févr.
- 2 min de lecture
de Harris Dickinson (2026)

Mike vit à Londres et depuis 5 ans, il vit dans la rue. Un jour, complètement défoncé, il se fait arrêter pour agression et suspicion de vol sur un homme d’affaire ayant accepté de lui acheter à manger. Il prend 8 mois, 8 mois de prison au cours desquels il est logé, vêtu et nourri. 8 mois de peine, mais qui, à sa sortie, lui offrent une seconde chance. Pour sa réinsertion, il est pris en charge par les services sociaux et logé dans un foyer pour une durée déterminée. Le vent semble enfin tourner, il décroche un poste de commis de cuisine dans un hôtel, se met à la méditation et prend enfin soin de lui. Il semble aller mieux, jusqu’à ce rendez-vous de justice restaurative avec sa victime. Il semble aller mieux jusqu’à ce que ses vieux démons ne refassent surface.
Pour son premier film derrière la caméra, Harris Dickinson s’attaque au drame social. « Urchin », qu’il écrit et réalise, dépeint la lutte quotidienne d’un sans-abris londonien, d’abord délaissé par la société, puis aidé, avant d’être de nouveau abandonné, laissé seul face à son sort et redevenant son propre bourreau.
Un scénario très bien écrit, qui constitue la base solide de ce premier film. Son protagoniste est pleinement construit, loin d’une simple représentation cliché et très justement interprété par Frank Dillane dont les fossettes accentuent un certain charisme. Tendre, attachant et dans le fond bienveillant, il suscite en alternance l’agacement, l’empathie et la sympathie du spectateur, qui n’a finalement qu’un désir: le voir s’en sortir, le voir réussir.
Un film de pur réalisme et en même temps fortement métaphorique, qui ne tranche pas et qui ne s’apitoie pas sur le sort de son protagoniste.
Un film qui ne le juge pas, traite son sujet avec humanisme et lui laisse toute son individualité. Un récit linéaire, qui rappelle le cinéma de Ken Loach, raconté avec compassion, tout en gardant une certaine distance, qui évite de tomber banalement dans le mélodrame.
Un film bien réalisé et totalement maitrisé, qui ne nous impose rien et nous laisse surtout pensifs face à une fin enrobée d’onirisme et de surréalisme, laissant le discours ouvert face à cette dure réalité, face à cette quête de rédemption continue.
Sortie salle (France) : 11 février 2026, Ad Vitam Distribution




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