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« Un jour avec mon père »

  • 25 mars
  • 2 min de lecture

de Akinola Davies Jr (My Father's Shadow, 2026)



En 1993, Olaremi et Akinola vivent une vie tranquille dans un petit village du Niger. Ils voient très peu leur père, qui travaille à Lagos, la capitale, afin de subvenir aux besoins de la famille. Un jour, en attendant patiemment que leur mère rentre des courses, leur père, de passage à la maison, leur propose de l’accompagner à la capitale. Une belle - et rare - occasion pour les deux garçons de passer du temps avec lui. Mais la vie en dehors de leur bulle quotidienne a un goût amer. Le pays est en pleine crise électorale, les militaires surveillent tous les coins de rues, le danger est palpable. Les garçons découvrent une facette de leur père qu’ils ne connaissaient pas, comme s’il leur était étranger. Et en même temps, cet homme, si sûr de lui, les fait se sentir vraiment en sécurité.


« Un jour avec mon père » est une très belle proposition du jeune réalisateur britanno-nigérien Akinola Davies Jr. Un premier film audacieux et semi-autobiographique, duquel se dégage un vrai style et une esthétique singulière.


Le scénario se déploie sur une journées seulement, mais l’auteur-réalisateur fait le choix de s’appuyer sur l’évocation, afin d’intensifier cette tension dramatique et donner au film une dimension qui, par moments, se rapproche du thriller. 


La réalisation est réfléchie et maîtrisée, l’attention aux détails visuels et à l’image est minutieuse, renforcée par une recherche artistique parfois proche de l’expérimental, qui s’harmonise à cette intrigue complexe. 


La violence est ici suggérée, mais regorge d’une puissance qui prend le spectateur aux tripes. Le prisme naïf des enfants pour narrer le destin finalement tragique de leur père rend le film extrêmement touchant et vient souligner davantage la nature violente et dramatique du sujet. 


L’histoire de ces citoyens en proie à leur liberté est déchirante et l’histoire de ces garçons, qui ne demandent qu’à être aimés et vus par leur père nous touche en plein cœur. 


Avec ce premier film d’une telle envergure esthétique, profondément personnel et engagé, ce jeune réalisateur s’impose comme un cinéaste dont la trajectoire mérite d’être suivie et qui n’est qu’au début d’une belle carrière artistique.


Sortie salle (France) : 25 mars 2026, Le Pacte


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© 2025 by @lavisdecharlie

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