« Le Gâteau du Président »
- 4 févr.
- 2 min de lecture
de Hasan Hadi (Mamlaket Al-Qasab, 2026)

Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia vit avec Bibi, une paysanne âgée l’ayant prise sous son aile suite au décès de ses parents et son coq Hindi. À l’école, elle est tirée au sort parmi les élèves de sa classe pour faire le gâteau à amener à son maître d’école. Mais les temps sont durs, elle n’a pas un sou et lorsque Bibi l’amène en ville pour faire les courses, elle lui annonce qu’elle ne peut plus s’occuper d’elle et la confie à un riche couple de la ville. Mais Lamia ne veut pas être séparée de Bibi qui est sa seule famille. Et puis, il faut absolument qu’elle trouve les ingrédients pour son gâteau. Alors elle s’enfuit.
Une belle histoire, simple, qui nous immerge dans un chapitre dur de l’histoire de l’Irak, du temps des bombardements américains sous l’administration Bush, racontée par le prisme d’une petite fille au regard encore naïf sur le monde qui l’entoure. Le récit, qui suit le point de vue de la petite Lamia, son coq toujours sous le bras, est raconté avec une extrême tendresse, créant un attachement immédiat à ce petit bout de femme qui ne renonce jamais face aux difficultés qu’elle rencontre.
Accompagnée de son petit camarade de classe Saeed, elle arpente les rues commerçantes de la ville avec un optimisme rare, celui d’un enfant qui ne connaît pas les problèmes et ne trouve que des solutions. Le scénario, linéaire, est rythmé par diverses péripéties, dépeintes avec humour et légèreté, qui viennent davantage accentuer l’innocence avec laquelle cette histoire est présentée.
Filmé au travers d’une caméra qui alterne plans statiques minutieusement construits, traduisant une esthétique symétrique réfléchie, avec une caméra à l’épaule, imprécise et dynamique, soulignant d’autre part toute l’urgence d’un pays appauvri par une dictature et la guerre, Hasan Hadi réussit à donner du corps et du réalisme à son récit sans jamais tomber dans la pitié.
Banheen Ahmad Nayyef, qui interprète la petite Lamia, est absolument magnétique. Son regard, brillant et vif, qui traduit toute la force de volonté de ce petit bout de femme, nous séduit et suscite instantanément toute notre empathie.
Un petit film captivant, du début à la fin, qui nous embarque totalement dans cette recherche effrénée d’œufs, farine, sucre et levure chimique dans les rues chaotiques d’un Irak en tension.
Un petit film qui réussit à faire passer avec douceur un propos à la fois poignant et déchirant.
Sortie salle (France) : 4 février 2026, Tandem




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