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« Ce qu'il reste de nous »

  • 11 mars
  • 2 min de lecture

de Cherien Dabis (Allly baqi mink, 2026)



A Jaffa, en 1948, la vie d’une famille palestinienne est bouleversée lorsque les bombardements s’abattent sur la ville. Persuadé que le danger n’est que passager et qu’ils ont tout intérêt à défendre leurs terres, Sharif, le père de famille, insiste pour qu’ils restent tous ensemble à la maison, au milieu des orangers, symbole de leur famille depuis des générations. Malheureusement, le danger devient trop menaçant et Sharif n’a plus d’autre choix que de laisser partir sa famille, pour les mettre en sécurité. Attaché à ses terres et persuadé qu’il est de son devoir de citoyen de défendre sa patrie, ce qui lui appartient et a appartenu aux générations avant lui, Sharif reste à Jaffa, en résistant face à l’ennemi. Très vite embarqué en camp de travail forcé, où sa santé se dégrade rapidement, Sharif finit à son tour par s’exiler et rejoint sa famille. La rage au ventre, il fait de son devoir d’alimenter, auprès des générations futures, la mémoire d’une Palestine telle que lui l’a connue.


Très belle proposition signée Cherien Dabis, « Ce qu’il reste de nous » est une véritable fresque historique, qui suit une famille palestinienne depuis le début du conflit, jusqu’à aujourd’hui. Deux heures et demie qui s’envolent, que l’on ne voit pas passer, grâce à un scénario linéaire qui choisit de nous embarquer chronologiquement dans ce voyage historique, où les événements s’enchaînent avec une fluidité de laquelle se dégage une forte tension dramatique. 


Entièrement biaisé, qui reflète de toute évidence le positionnement et le vécu de son autrice, le récit est néanmoins incroyablement bien maîtrisé et dépeint avec une réelle implication émotionnelle le trauma intergénérationnel causé et ce revers de la médaille singulier qui explore le point de vue des civils palestiniens. 


La réalisation est également réussie, Cherien Dabis réussit à créer une vraie proximité et un réel sentiment d’intimité, grâce à l’alternance des plans serrés sur ses personnages et des plans larges de leur environnement. La mise en scène, ainsi que la colorimétrie, sont minutieusement étudiés et nous font complètement voyager dans le temps, au gré des époques. 


Subjugué par cette histoire humaine - car oui, là est la particularité du film, qui met l’humanité au centre de son sujet - « Ce qu’il reste de nous » est une fresque poignante et bouleversante, cinématographiquement réussie, qui vient toucher notre sensibilité en plein cœur et notre âme au plus profond.


Sortie salle (France) : 11 mars 2026, Nour Films


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