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« Les Rayons et les Ombres »

  • 18 mars
  • 2 min de lecture

de Xavier Giannoli (2026)



Pendant la Seconde Guerre Mondiale, en France sous l’occupation et le régime de Vichy, Jean Luchaire, journaliste pacifiste de centre gauche à l’origine et sa fille Corinne, jeune étoile montante du cinéma français, se retrouvent pris au cœur de l’engrenage du projet de collaboration franco-allemande, proposée par Otto Abetz, le nouvel ambassadeur du Reich à Paris et vieil ami de la famille. Si l’idée d’une collaboration, soit disant honnête et sincère, entre les deux pays pouvait sembler être le moyen le plus juste de « sauver » la France à cette époque, elle permet surtout de souligner la division du peuple, dans une France perdue, une France affaiblie, une France corrompue, en mettant en évidence ceux qui ont rendu possibles les pires horreurs de la guerre, certains malgré eux.


Xavier Giannoli, maître du genre, revient cinq ans après « Illusions Perdues » avec une vraie fresque historique intense. Il choisit cette fois-ci de raconter la France sous l’occupation, du point de vue de ceux qui y ont activement participé. La narration est subtile et son point de vue intelligemment amené - Giannoli ne fait pas œuvre de neutralité, mais n’excuse pas non plus ce qui a mené son personnage Jean Luchaire (et les autres collabos) à son destin tragique. 


Il condamne habilement ceux qui ont activement contribué à ce chapitre très sombre de notre histoire, faisant ressortir une interrogation - qui plus est brûlante d’actualité - sur la responsabilité morale de chacun, face à notre histoire, mais aussi face à celle que nous nous apprêtons à écrire. 


Pendant 3h19 exactement, qu’on ne voit pas passer, Giannoli nous transporte dans le Paris des années 40, grâce à des décors qui reconstituent brillamment les lieux de l’époque, une caméra fluide qui nous entraine dans ses mouvements et une colorimetrie sombre, teintée par moments de verdâtre ou d’un bleu froid, qui accentue ce malaise glaçant face à l’égoïsme et la déchéance permise, aux côtés d’une humanité en ruines. 


Le rythme est soutenu, le montage est dynamique, tous les éléments de mise en scène et de réalisation sont maîtrisés et donnent au film cette tension qui le rend passionnant d’un point de vue narratif. 


Magistralement réalisé, le film est également casté à point nommé. Jean Dujardin et Auguste Diehl interprètent parfaitement les rôles de salauds qui leur sont attribués, mais c’est Nastya Golubeva, le vrai rayon, l’étoile montante de ce film sombre - obscurci par tous les aspects. 


Une fresque prenante et poignante, à la fois dense et intelligente, risquée mais rationnelle tout de même, où la narration troublante s’allie parfaitement à la splendeur visuelle. 


Une œuvre cinématographique virtuose et puissante, mais aussi et surtout accessible et populaire, qui nous laisse sur le plus beau message qu’un cinéaste pouvait laisser pour conclure son œuvre : « il nous reste le cinéma ».


Sortie salle (France) : 18 mars 2026, Gaumont Distribution


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