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« L'Être aimé »

  • 16 mai
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

de Rodrigo Sorogoyen (El Ser Querido, 2026)



Estebán, réalisateur renommé et oscarisé, decide de confier le rôle titre de son prochain film à sa fille, Emilia, à qui il n’a pas parlé depuis des années. L’occasion unique de renouer avec elle et de se faire pardonner pour ses erreurs passées. Mais la mémoire est sélective. Si Estebán préfère se souvenir des beaux moments partagés, Emilia, elle, n’a gardé que la souffrance de cette relation conflictuelle et compliquée, relation désormais inexistante. Ce film et ce rôle sont bien une opportunité de repartir sur de nouvelles bases et reconstruire quelque chose. Néanmoins, Emilia ne peut pas s’empêcher de faire payer à son père la souffrance que son absence lui a causé. Cette première, et possiblement dernière collaboration, est l’occasion pour Estebán de chercher son pardon et une chance pour Emilia de trouver enfin une certaine forme d’acceptation.


Présenté en compétition au 79e festival de Cannes, « L’Être aimé » fait partie de ces films surprenants de la sélection cannoise. Rodrigo Sorogoyen, acclamé à l’époque pour « As Bestas », raconte ici l’histoire d’un déchirement familial. Un drame intimiste plein de tension, un gouffre entre un père et sa fille, qui repose sur une intrigue qui prend le temps de se déployer, mais que la réalisation impeccable de Sorogoyen sait nous faire apprécier. 


On est conquis par ces personnages non seulement bien écrits, mais magistralement interprétés par, d’une part un Javier Bardem qui délivre ce qui pourrait bien être son meilleur rôle, et d’autre part une Victoria Luengo d’une intensité glaçante. 


Un bon thriller, bien dosé et bien équilibré, qui atteint son point culminant grâce à cette scène de déjeuner à la fois gênante et captivante, pleine de tension. Magistrale, une scène mémorable qui est un point de non retour, certes pour ses personnages, mais aussi et surtout pour le spectateur, témoin impuissant face à tant d’abus d’une part et témoin conquis, subjugué par ce génie de mise en scène de l’autre. 


Un film qui ne détrônera pas le précédent de son réalisateur, mais qui vaut absolument le coup d’œil. Sorogoyen nous captive et nous séduit, encore une fois.


Sortie salle (France) : 16 mai 2026, Le Pacte


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