« The Dog Stars »
de Ridley Scott (2026)

Dans une Amérique dystopique ravagée par une pandémie qui a complètement décimé la société, Hig, ancien mécano et pilote, vit sur une base aérienne abandonnée en compagnie de son chien Jasper. Endeuillé, il fantasme sur une terre meilleure ailleurs, incapable de se résigner à cette nouvelle réalité, dans laquelle il semble avoir tout perdu. Lors d’une de ses sorties aériennes quotidiennes, il intercepte un signal radio qui ravive en lui cet espoir qu’il existe bien une vie meilleure en dehors de son périmètre en ruines. Fatigué de devoir survivre, il se résout à quitter ce lieu qui fut chez lui un temps, pour suivre cet espoir d’une vie meilleure.
On sait ce que l’on quitte, mais on ne sait jamais ce que l’on gagne. L’homme, éternel insatisfait, toujours en quête du mieux - c’est ce qu’explore en partie Ridley Scott dans « The Dog Stars ».
Dans un monde en ruines, fruit d’une société qui n’a pas su se gérer - message d’alerte sur ce que pourrait devenir le monde à cette allure ? - les survivants peinent à ce contenter de cette nouvelle réalité qui leur est imposée, trop attachés à un passé dans lequel, rétrospectivement leur vie leur souriait.
Réduits à devoir survivre, ils existent surtout dans le souvenir nostalgique de ce que représentait vivre à une époque où tout, ou presque, était dû. Cela vous parle ? A croire que si cela résonne aussi fort, c’est parce que Ridley Scott met vraiment le doigt sur une dystopie qui pourrait ne pas être si lointaine.
Surprenant, « The Dog Stars » est loin du gros blockbuster d’action classique. L’intrigue prend son temps, les plans aussi, et Ridley Scott met l’accent sur l’ambiance, sur cette atmosphère un peu post-apocalyptique, triste et étouffante, qui fait finalement toute la force du film. Il s’appuie énormément sur les décors ruraux, ces étendues de paysages qui intensifient l’isolement et la solitude de ce protagoniste et des quelques personnages qui croisent son chemin.
Protagoniste discret et peu bavard, rongé par la souffrance et la frustration, qui refuse de se résigner, très justement interprété par un Jacob Elordi qui laisse la place aux non-dits et à l’atmosphère pesante globale du film.
Techniquement, le film est réussit, d’un point de vue visuel et sonore, il emmène le spectateur exactement où le veut son réalisateur.
Sans être un chef-d’œuvre, « The Dog Stars » reste une belle proposition, à la fois artistique et morale, qui suscite une réflexion beaucoup plus large non seulement sur l’état du monde, mais également sur notre propre positionnement au sein de celui-ci.
Sortie salle (France) : 26 août 2026, Warner Bros France




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