« Plus fort que moi »
- 1 avr.
- 2 min de lecture
de Kirk Jones (I Swear, 2026)

Dans le fin fond de l’Ecosse, John à 14 ans lorsqu’il ressent des tiraillements au niveau de son cou et constate ses premiers tics du visage. Inquiet et désemparé, il ne contrôle plus ses réactions, comme si son cerveau refusait de lui obéir. Déjà moqué et harcelé à l’école, il culpabilise d’autant plus lorsque son père abandonne le nid familial du jour au lendemain. John, pour lequel un bel avenir de footballeur se profilait, est contraint de dire adieu à ses rêves, de vivre assisté par sa mère et condamné à prendre des médicaments pour calmer ses crises. John est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, et alors qu’il pensait vivre une vie de condamné, il croise le chemin de Dottie, la mère d’un ancien camarade de classe et ancienne infirmière en psychiatrie, atteinte d’un cancer du foie, qui lui réapprend à vivre et change sa vie.
Inspiré de la vraie histoire de John Davidson, « Plus fort que moi » lève le voile sur une maladie encore trop peu connue et incomprise. À travers l’expérience singulière de cet homme pour qui informer son entourage et créer un vrai groupe de soutien est devenu la mission de vie, Kirk Jones livre un film, touchant, drôle, accessible et important.
L’intrigue suit un schéma classique et se déploie de façon linéaire, suivant une temporalité qui s’étale sur plusieurs décennies. D’abord jeune garçon, le spectateur suit impuissant, mais en toute bienveillance et avec tendresse, l’évolution de John dans son combat - combat individuel d’abord, puis collectif ensuite, dans le but de faire de son expérience un outil pour un monde meilleur, plus compréhensif.
Un sujet dur, qui aurait pu être traité de manière dramatique, mais qui, au contraire, est rendu davantage accessible grâce à la drôlerie, résultat joyeux d’une approche pleine de dérision. Le décor, dans la province de l’Écosse, ancre davantage le personnage dans sa solitude, son isolement face à cette condition bien plus forte que lui.
Au delà du sujet, amené avec une infinie bienveillance, le film se démarque grâce à l’interprétation à la fois bluffante et poignante de Robert Aramayo. Sa prestation donne au personnage toute sa profondeur, au point de nous transporter entièrement émotionnellement.
Dans l’ensemble, « Plus fort que moi » est une belle surprise, une pépite, une des ces sorties inattendues faite pour nous marquer, indéniablement et peu importe notre degré de sensibilité. Un film fort, réussi, qui nous touche au plus profond de notre humanité. On en ressort humble, les yeux humides et surtout, le cœur ouvert et le sourire aux lèvres.
Sortie salle (France) : 1er avril 2026, Tandem Distribution




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