« Christy »
- 4 mars
- 2 min de lecture
de David Michôd (2026)

Lorsque la jeune Christy se fait briser le cœur par son amie et amour de jeunesse, elle décide de s’essayer à la boxe féminine. Son talent est rapidement repéré par l’entraîneur Jim Martin, qui la prend sous son aile et décide d’en faire une vraie championne. Christy s’entraîne tous les jours, plusieurs fois par jour dans le seul et unique but de devenir la meilleure. Mais ses combats sur le ring ne sont qu’une façade et cachent bien d’autres combats, celui de la relation conflictuelle avec sa famille, de sa relation abusive avec Jim, devenu son mari et, le plus intime peut-être, avec sa sexualité refoulée. De son ascension, à sa déchéance, jusqu’à son émancipation, on suit le parcours de vie tumultueux de cette jeune femme devenue une icône incontournable dans ce sport et une voix puissante contre les violences conjugales.
Avec « Christy », David Michôd nous embarque complètement dans ce biopic inspiré de l’histoire vraie de la boxeuse américaine Christy Martin. Très classique dans sa forme, le scénario linéaire suit sur une temporalité chronologique et prend de l’ampleur grâce aux divers événements dramatiques, certes prévisibles, mais qui accentuent une tension qui se déploie en crescendo, au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue.
Au travers d’une mise en scène qui privilégie les gros plans, David Michôd livre un portrait intime, porteur d’une cause forte, de laquelle découle un discours bien plus universel.
On salue le casting des rôles secondaires, qui apportent une réelle substance à ce récit dramatique et qui compensent quelque peu la platitude de son actrice principale, à qui le spectateur s’attache et pour qui il éprouve de l’empathie, non pas pour sa prestation, mais bien pour la nature d’un récit qui soulève des problématiques encore bien trop présentes aujourd’hui.
Deux heures quinze qui nous transportent au rythme des montagnes russes émotionnelles de sa protagoniste, qui nous entrainent dans un film bien équilibré qui allie portrait de célébrité sportive à cause sociale, avec caractère et dynamisme.
Le milieu du sport est un décor, dans lequel on baigne mais qui sert surtout de cadre au propos plus sévère : la condition de la femme derrière la championne. La dureté de certaines scènes, parfois implicites et souvent regorgeant de violences explicites, contraste avec une certaine douceur dans l’image.
La colorimétrie se marie avec une lumière claire qui privilégie des couleurs pastel et fait écho à la sensibilité étouffée du personnage de Christy.
Un film classique dans sa forme, bien écrit et réalisé, qui s’impose comme captivant et prenant, tout en étant poignant et profondément social. Un film pour tous, sportifs ou non, amateurs de boxe ou non, et surtout à la fois femmes et hommes.
Sortie salle (France) : 4 mars 2026, Metropolitan FilmExport




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