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« La Grazia »

  • 28 janv.
  • 2 min de lecture

de Paolo Sorrentino (2026)



Mariano De Santis est President de la République en Italie. Un homme droit et intègre, qui a su gérer 6 crises, en toute diplomatie et sans le moindre scandale. Un homme solitaire et rationnel, un vrai juriste dans l’âme, respecté de son pays. Un mari dévoué et fidèle, un père responsable et autoritaire. Son mandat touche à sa fin et Mariano est fatigué, désireux de retrouver sa liberté. Consommé par le deuil de sa défunte épouse qu’il n’a jamais fait, dont le souvenir hante son quotidien, il se retrouve, à quelques jours de son terme, à devoir trancher sur deux dossiers de grâce présidentielle et une proposition de loi très controversée qui pourrait bien changer l’avenir du pays. 


Récit purement fictif d’un président rongé par des questions laissées sans réponses, « La Grazia » dresse le portrait touchant de cet homme impassible, bourreau de ses émotions et victime d’une solitude dévorante. Pouvoir, devoir, abondance et succès faisant d’un homme son propre martyr - thématique récurrente chez Sorrentino, qui a à cœur de mettre en scène ces personnages souvent marginaux, parfois incompris, mais surtout insatisfaits et malheureux, qui détonent face à un monde bien plus flamboyant et superficiel. 


Raconté avec sa grâce habituelle, une attention aux détails minutieuse, une mise en scène à la fois opulente et soignée, couronnée par une bande son électronique puissante, miroir des émotions refoulées de ses personnages, Sorrentino nous livre avec « La Grazia » un film poignant, le genre de film sensible et dans le fond très personnel, auquel on ne s’attend pas forcément. 


Dans le rôle titre Toni Servillo, sa muse : impeccable et stoïque, à la prestance inégalable, dont l’interprétation donne une profondeur discrète supplémentaire, qui va au delà de l’écriture, à ce personnage de loup solitaire.


Un voyage, à travers la solitude d’un homme puissant et à travers des questions parfois difficiles qui constituent les fondements de nos sociétés démocratiques. 


Un film au décor politique, mais dans le fond profondément humain, qui s’attarde sur la définition même de la vie et de la liberté. Un film touchant et puissant, lent et qui prend le temps de se déployer pour mieux révéler cette métaphore du temps qui passe et cette réflexion sur l’humain qui a le choix de rester spectateur, ou de devenir acteur de sa vie. 


Une belle promesse narrative, mais surtout une merveille visuelle, digne de ce à quoi Sorrentino nous a si bien habitués.


Sortie salle (France) : 28 janvier 2026, Pathé Films


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© 2025 by @lavisdecharlie

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