« Primetime »
de Lance Oppenheim (2026)

2006, Chris Hansen est le présentateur de l’émission To Catch a Predator sur NBC. Une émission au public fidèle, qui démasque les pédocriminels et les prend en flagrant déli face à la camera. Une émission qui pourrait changer l'histoire de la chaîne, lorsque le patron décide de la basculer en prime time. Une émission qui va au-delà d’une simple émission pour Chris, car c’est sa façon de restaurer la justice.
Inspiré d’une histoire vraie, le « Primetime » de Lance Oppenheim est une réussite spectaculaire. Thriller aussi fascinant que dérangeant, il nous plonge dans cette traque médiatisée aux prédateurs sexuels avec la froideur nécessaire pour souligner les limites et les ambiguïtés d’une télévision qui brouille dangereusement les frontières entre information, divertissement et justice.
Il en va de même pour son protagoniste - héros ou antihéros ? - qu’on admire pour son audace, mais qu’on méprise presque autant pour sa dureté et son cynisme presque extrême.
Pour incarner Chris Hansen, le choix du réalisateur se porte sur Robert Pattinson, dont l’interprétation est tout simplement magistrale et confirme banalement le talent d’un acteur qui s’impose, à chaque nouveau rôle un peu plus, comme l’un des meilleurs de sa génération. Son Chris Hansen à lui n’est pas lisse, mais complexe, prend vie à la fois à travers cette hardiesse remarquable et toutes ses contradictions, qui le rendent presque détestable.
Enfin, ou last but not least comme disent les anglais, la force du film, qui souligne, entres autres, la bravoure de son acteur principal et la puissance du récit, est cette mise en scène stylisée qui donne au film cet effet de docu-fiction.
Esthétiquement, Lance Oppenheim crée un effet d’approximation surréaliste, presque comme si les personnages, et les spectateurs avec eux, se retrouvaient plongés dans une sorte de rêve fiévreux.
Pour ainsi faire, il joue avec les formats d’image, tourne en 16mm pour atteindre cette texture visuelle granuleuse, alterne les cadrages resserrés oppressants aux hors champs anxiogènes pour intensifier la tension, et il fait des contrastes et des couleurs le reflet des états d’âmes de son protagoniste et de cette montée en puissance qui conduit au climax.
En somme, un thriller réussi et prenant, magistralement interprété et habilement réalisé, aussi captivant que malaisant. A voir bien évidemment sur grand écran.
Sortie salle (France) : 23 septembre 2026, Metropolitan FilmExport




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