« Mémoire de Fille »
de Judith Godrèche (2026)

L’écrivaine Annie Ernaux retourne à Rouen, la ville de son enfance, pour une séance de signatures de son dernier ouvrage. Un beau moment de reconnaissance, qui la replonge dans les souvenirs de cet été de 1958, ce fameux été où elle s’est abandonnée à un homme, lui laissant son corps et son âme. Bouleversée à jamais par cet été, Annie raconte comment ce moment a marqué sa jeunesse et le reste de son existence.
Avec sa sensibilité habituelle, Judith Godrèche adapte ce roman d’Annie Ernaux au cinéma. Un récit touchant et bouleversant raconté avec une finesse propre à sa réalisatrice.
La force du film réside ici non seulement dans l’adaptation très réussie du roman autobiographique, mais aussi et surtout dans la façon dont la cinéaste s’approprie le récit pour trouver son propre apaisement et en profiter pour exorciser aussi les fantômes de son passé.
Un deuxième long-métrage touchant, réalisé avec énormément de délicatesse, à commencer par le scénario, qui suggère bien plus qu’il n’explicite, et une mise en scène douce, réverbérante de couleurs pastels, de mouvements fluides et d’une caméra intimiste et bienveillante.
Le film est d’autant plus intime qu’elle confie le rôle principal à sa fille, Tess Barthelemy qui incarne parfaitement cette innocente jeunesse féminine et nous touche profondément.
Un film modeste dans son ensemble, poétique et émouvant, dont la touche très personnelle nous bouleverse autant qu’elle nous conquiert.
Sortie salle (France) : 30 septembre 2026, Jour2Fête




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