« Le Mage du Kremlin »
- 21 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 mars
de Olivier Assayas (The Wizard of the Kremlin, 2026)

En Russie, dans les années 90, le vent tourne au sein du gouvernement. L’URSS s’effondre pour laisser place à une nouvelle Russie. Au milieu de ce chaos, Vadim Baranov, jeune comédien en devenir, trace sa voie. D’abord comédien-metteur en scène raté, il devient producteur de télé-réalité renommé, avant d’être propulsé dans la politique, en tant que conseiller du président. Un bond de carrière qui va changer sa vie et le placer aux côtés du jeune et ambitieux Vladimir Vladimirovich. Quinze ans plus tard, Baranov n’est plus au gouvernement. Il parle et raconte comment son chemin a croisé celui de Vladimir Vladimirovich, cet homme visionnaire, ce citoyen dévoué que la nouvelle Russie et très vite le reste du monde, ont appris à connaître comme le redoutable Poutine.
Olivier Assayas, encore et toujours. Le cinéaste s’attaque à l’adaptation du roman éponyme de Giuliano da Empoli dans cette histoire au protagoniste fictif, qui entremêle fiction et réalité.
C’est en effet à travers le personnage d’un certain Vadim Baranov, interprété par Paul Dano, que le spectateur est rendu témoin d’un pays qui renaît de ses cendres et de l’ascension au pouvoir d’une des figures politiques les plus médiatisées aujourd’hui.
Un récit très dense, qui tient sur 2h25 et que le spectateur ne voit pas passer, bien au contraire. Olivier Assayas maitrise parfaitement les différentes temporalités de la narration, les sauts du présent au passé, et vice versa, en parvenant à nous immerger entièrement dans ce schéma narratif, sans jamais nous perdre.
Il nous met face à un thriller politique dynamique, à la mise en scène riche où s’entremêlent des mouvements de caméra fluides, des gros plans statiques et un montage rythmé.
Au delà d’un film techniquement et visuellement soigné, Assayas s’intéresse réellement à ses personnages, ronds, complets et complexes, qu’il fait vraiment évoluer et à qui il réussit à donner la juste place, dans ses plans comme dans sa narration.
Jude Law est impeccable en Vladimir Vladimirovich Poutine, reprenant les mimiques faciales du géant russe à la perfection et dégageant graduellement cette attitude détestable de l’homme tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Une fiction riche en détails, qui nous aide à mieux déchiffrer la réalité.
Un film réussit, qui ne nous amène pas toujours là où on l’attend, dont la densité du sujet nous fait presque regretter qu’Assayas n’en ait pas fait une série.
Sortie salle (France) : 21 janvier 2026, Gaumont Distribution




Commentaires