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« La Condition »

  • Photo du rédacteur: Charlotte Fuga
    Charlotte Fuga
  • 10 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 déc. 2025

de Jérôme Bonnell (2025)




Début du XXe siècle. La jeune Céleste travaille comme bonne chez Victoire et André. Lorsque la nuit tombe et que les bougies s’éteignent, André a pris l’habitude de venir trouver Céleste, ne trouvant pas suffisamment de plaisir auprès de sa femme. Un équilibre bancal, qui se brise lorsque Victoire découvre que Céleste est enceinte. Et si, au contraire, ce scandal familial laissait place à la condition parfaite pour sauver les apparences d’un mariage en déclin ? Deux femmes que tout oppose se retrouvent, loin des regards et dans les non-dits, à partager bien plus qu’elles ne laissent paraître.


Sur fond de film d’époque, « La Condition » cache un propos beaucoup plus actuel.

Là gît la force du film, qui se joue des apparences et dont le cœur du sujet s’impose dans les subtilités. Subtilités de langage, d’images - l’intrigue se déploie au rythme des silences et des non-dits, des jeux de regards et d’une tension flottante.

L’évocation joue un rôle central et si le spectateur se doute, tout au long du film, de quoi il en retourne, la confirmation de son ressenti n’arrive qu’à la fin, finalement sans surprise, toujours implicite. 


Galatea Bellugi, discrète, dont les grands yeux bleu et profonds dégagent un certain magnétisme à l’écran, a une présence sublime. Dans l’ensemble, un casting à point nommé, avec un Swann Arlaud autoritaire, abusif et détestable dans le rôle d’André et Louise Chevillotte au visage impassible, qui cache une grande tendresse dans celui de Victoire, complétant à merveille celui de sa rivale et alliée et renforçant la complicité des deux femmes.


Une comédie dramatique historique dans l’ère du temps, qui prône l’émancipation et la liberté avant toute chose et dénonce les conventions et l’écrasement social. 


Porté par une intrigue linéaire et une réalisation classique, Jérôme Bonnell livre un film réussit dans son ensemble. Il trouve le juste équilibre entre violence et douceur, dureté et compassion, s’appuie sur une psychologie complexe des personnages, pour aboutir à une proposition non manichéenne qui traduit aisément son propos féministe.


C’est fin et c’est bouleversant. Une réussite.


Sortie salle (France) : 10 décembre 2025, Diaphana Distribution


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© 2025 by @lavisdecharlie

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