« Juste une illusion »
- 15 avr.
- 2 min de lecture
de Eric Toledano & Olivier Nakache (2026)

En 1985, en banlieue parisienne, le jeune Vincent âgé de 13 ans, issu d’un milieu modeste, vit dans un petit appartement avec sa famille. En pleine préparation de sa Bar Mitsvah, Vincent est exactement à l’intersection entre l’enfance et l’âge adulte. Entre un frère rockeur rebelle qui gagne sa vie en vendant des compiles de concerts, une mère hystérique coincée dans une carrière qui ne l’épanouit pas et un père névrosé au chômage qui n’assume pas sa situation, Vincent se pose beaucoup de questions. Et puis il y a Anne-Karine, la jolie fille dans sa classe avec qui il doit faire un exposé, qui semble ne même pas connaître son existence. Pas facile d’avoir 13 ans dans les années 80.
Éric Toledano et Olivier Nakache reviennent derrière la caméra avec un autre film qui leur est très personnel, un récit d’apprentissage tendre et engagé. C’est à travers le regard naïf du jeune Vincent, plus tout à fait un enfant, mais pas encore un adulte non plus, que l’imbattable duo ouvre une vraie réflexion sur plusieurs thématiques encore brûlantes d’actualité : le chômage, le racisme, la religion, l’amour, jusqu’à la quête de soi.
Au delà du décor et de la mise en scène - ainsi que toutes les références qui vont avec - minutieusement réfléchis qui nous amènent tout droit en plein cœur des vibrantes années 80, « Juste une illusion » dépasse de loin l’époque dans laquelle il est ancré et s’impose comme un film aux messages et à la portée universels.
La comédie, ici le meilleur allié du duo, contribue avec ce point de vue innocent à donner au film la juste dose de légèreté pour en faire un divertissement intelligent. On salue également la bande son, qui accompagne cet élan d’optimisme si caractéristique de l’époque et qui traverse toutes les générations, à presque en danser sur son fauteuil.
Enfin, Toledano et Nakache nous prouvent encore qu’ils savent s’entourer des meilleurs pour donner vie à leurs personnages : Camille Cottin et Louis Garrel sont tous deux impeccables dans leurs rôles de parents, Pierre Lottin, fidèle à lui-même, nous régale en voisin invasif, Alexis Rosensthiel joue le grand frère rocker tyrannique au grand cœur comme s’il avait fait ça toute sa vie et Simon Boubill est tout ce que l’on attend d’un pré adolescent et d’un protagoniste, sympathique et attendrissant.
Si vous hésitiez encore, cet écrit à pour but d’ôter les quelques doutes qui vous retiennent encore, car « Juste une illusion » est typiquement le genre de film qui donne du beaume au cœur, tout en étant intelligent et réfléchi. Un vrai régal, du début à la fin.
Sortie salle (France) : 15 avril 2026, Gaumont Distribution
