« Jim Queen »
- il y a 7 jours
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de Marco Nguyen et Nicolas Athane (2026)

Jim Parfait a tout pour lui. Il est influenceur de renom, incroyablement beau, le corps sculpté par les séances de musculation et le bon apport en protéines. Il est populaire et a des hordes de fans amoureux à qui il fait perdre la tête. Il est le roi de la nightlife queer parisienne, à la tête des soirées Power Boyz. Jim Parfait est parfait, et il mène une vie parfaite. Parfaite, jusqu’au jour où il contracte un étrange virus, qui semble toucher de plus en plus d’hommes gay : l’hétérose. Ses certitudes sont bousculées, sa vie est sur le point de s’effondrer et Jim pourrait bien tout perdre, perdre bien plus que ses abdos. A moins que…
Que dire de « Jim Queen », ou plutôt, par où commencer.
Présenté en séance de minuit au Festival de Cannes et accueilli avec un enthousiasme rare, il a fait l’unanimité (et Dieu sait que Cannes est connu pour diviser les avis assez drastiquement), « Jim Queen » s’impose comme une proposition jamais vue auparavant.
Audacieux, didactique et hilarant, ce premier long-métrage signé Marco Nguyen et Nicolas Athane est un vrai pari osé et risqué, relevé haut la main et étonnamment réussi.
Rares sont les films d’animation qui secouent autant, et « Jim Queen » marque un vrai tournant dans le genre. Brillamment pensé et intelligemment écrit, le film nous montre autant de beaux abdos sculptés qu’il nous fait travailler les nôtres, grâce à des répliques à se plier de rire, des références iconiques à la pop culture, présentées avec humour, et un ton globalement satirique et plein d’autodérision. En jargon, un total « banger ».
Qui eut cru qu’un film d’animation français débordant de sarcasme serait aussi efficace pour nous mettre face à nos propres contradictions et porter la voix du progrès de cette manière, aussi osée soit-elle.
On l’a dit, le scénario est brillant, vibrant de subtilités, suffisamment choquant et moqueur pour éveiller les esprits, mais surtout extrêmement bienveillant pour appuyer son message urgent, fort et poignant.
Grâce à son animation 2D colorée et volontairement excessive, nourrie par une esthétique camp, un imaginaire graphique foisonnant et rythmé par des sons pop, « Jim Queen » est autant une réussite politique qu’artistique, soulignant une fois de plus l’importance du savoir-faire et le triomphe de l’animation française.
Un pur coup de cœur et un vrai régal, à consommer sans modération et à découvrir en salle comble. Pour les plus conservateurs, « Jim Queen » est un devoir, et pour les plus progressistes, un innocent vice jouissif.
Sortie salle (France) : 17 juin 2026, The Jokers




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