« Butterfly Jam »
de Kantemir Balagov (2026)

Pyteh a 16 ans. Issu de la communauté Tcherkesse, il vit dans le New Jersey avec son père et sa tante et partage don temps entre ses entraînements de lutte et les services dans le restaurant familial. Façonné par une éducation traditionnelle et une fierté masculiniste, son monde s’effondre le jour où son père est retrouvé dans des circonstances qui ébranlent toutes ses certitudes.
Kantemir Balagov, déjà imposé comme un petit prodige du cinéma russe avec « Tesnota » ou « Beanpole », revient avec un autre drame cru et touchant, sur un jeune protagoniste qui voit ses convictions les plus chères bousculées du jour au lendemain. Troisième long-métrage du jeune cinéaste, mais premier dont la production est américaine.
Un grand saut quitte ou double qu’il réussit avec maîtrise, mêlant sa culture, ses origines, ses propres questionnements et son vécu d’expatrié à ce décors du New Jersey, représentatif de sa nouvelle vie et son nouveau foyer.
Kantemir Balagov s’entoure d’un casting international, avec un Barry Keoghan percutant, qui réussit non seulement à donner de la substance à son personnage en soulignant toutes ses facettes (forces comme failles), mais qui agit également comme réel moteur du film, grâce à cette énergie qui lui est propre, qui transparaît plus que jamais et sert l’intrigue à merveille.
On salue également la mise en scène, ancrée dans un réalisme brut, mais néanmoins minutieusement étudiée. Des couleurs aux jeux de lumières, des mouvements de caméras aux diverses profondeurs de plans, Kantemir Balagov prône les images sans artifices, sublimées par son regard d’auteur unique et leur simple authenticité.
Un film qui reste modeste, à l’image de sa filmographie en date, mais qui regorge de la même force, la même passion et la même vision engagée que ses précédents. Un tournant américain réussi, qui confirme la belle lancée de son auteur.
Sortie salle (France) : 7 octobre 2026, Le Pacte




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