top of page

« Le Vertige »

  • 10 juin
  • 2 min de lecture

de Quentin Dupieux (2026)



Depuis quelque temps, Jacques n’est plus le même. Plusieurs anomalies l’ont persuadé qu’il y a un problème avec l’humanité. Il décide d’exposer sa théorie à son ami Bruno, jusqu’à le convaincre aussi qu’ils vivent en fait dans une simulation. Désormais obsédés par cette apparente vérité, les deux amis se donnent pour mission d’éveiller les esprits et de prouver la légitimité de la théorie qu’ils avancent. Mais une rencontre inattendue leur révèle que la vérité, la vraie, va au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé.


À chaque nouveau Quentin Dupieux, c’est quitte ou double. Soit le réalisateur nous transporte dans son univers déjanté et on adhère à son humour décalé, soit il se plante complètement et, malgré la courte durée de ses films, nous perd aussitôt dès la fin du  générique de début. Ses dernières propositions se rangeaient plutôt dans la seconde catégorie, jusqu’à aujourd’hui.


En effet, « Le Vertige » semble le ramener à un humour cynique qui fonctionne, une idée avec du potentiel racontée par le prisme d’une forme prenante, parce que totalement originale et assumée.


Quentin Dupieux s’attaque ici au sujet favori du moment : l’intelligence artificielle. Mais son génie va plus loin que cela. Sa critique est subtile, et son approche totalement absurde nous place bien plus efficacement face à nos retranchements.


Esthétiquement, il part dans un délire d’animation qui aurait pu être générée par Claude ou Chat GPT. Visuellement un peu cheap, grossier, mais loin d’être gênant tant il fait magistralement écho à son propos.


Pour aller plus loin, la théorie qu’il avance est aussi absurde qu’elle n’est plausible, tant le raisonnement construit par ses deux personnages est balisé par des éléments et des dynamiques de causes à effets concrets.


À cela s’ajoute le choix des figures de Jonathan Cohen et Alain Chabat, qui donne vie à ces protagonistes et arrive comme une cerise sur le gâteau. Deux emblèmes de la comédie, leurs voix contribuent à cet humour pince sans rire qui accompagne ce récit surréaliste (ou un peu trop réaliste, selon les points de vue).


« Le Vertige » se veut donc être une comédie, au bout du compte, intelligente, portée par les justes acteurs et des idées qui, certes, auraient pu être poussées encore davantage dans leur exploration, mais qui restent néanmoins suffisamment bien amenées pour nous tendre toutes les perches nous permettant de rire de nous même, et de notre société.


A bon entendeur.


Sortie salle (France) : 10 juin 2026, Diaphana Distribution


Commentaires


Pour une fois, arrivez avant le générique de fin. Abonnez-vous.

© 2025 by @lavisdecharlie

  • Instagram
  • Linkedin
bottom of page