« Adieu monde cruel »
de Félix de Givry (2026)

Otto Vidal a 14 ans. Du jour au lendemain, il disparaît, laissant derrière lui une lette d’adieu aux élèves de sa classe. Tout le monde le croit mort, jusqu’au jour où Lena, une jeune fille discrète de sa classe, croit l’apercevoir dans l’ombre de la nuit. Un lien inexplicable se tisse entre eux, entre un garçon qui a perdu goût à la vie d’une part, et une jeune fille dont le regard pétillant semble lui redonner peu à peu goût à la vie d’autre part.
Si l’accroche paraît triste, le film, lui, ne l’est pas du tout. « Adieu monde cruel » n’a rien d’un drame larmoyant et s’impose au contraire comme une belle ode à la vie, racontée par le prisme naïf d’une jeunesse mélancolique et attachante. C’est une voix off qui nous accompagne dans ce récit, une narration rassurante, au timbre enveloppant et bienveillant qui nous guide à travers l’évolution de la vision du jeune Otto, d’un monde sombre qui rebascule peu à peu vers la couleur.
Les deux jeunes acteurs, Milo Machado-Graner et Jane Beever, qui incarnent respectivement Otto et Léna, s’imposent avec un naturel sympathique, qui suscite d’emblée l’empathie du spectateur. Leur pureté nous ramène presque à nos années adolescentes, premiers amours, premiers émois, première déceptions et premières victoires, et renforce notre attachement à leurs personnages.
Le plus beau, dans « Adieu monde cruel », au delà du merveilleux message d’optimisme et de vie qui en découle, repose sur tout son caractère artistique. Félix de Givry choisit une photographie en 16mm à la texture argentique, qui donne à la ville et aux personnages une sorte d’aura intemporelle, qu’il accompagne d’une bande son lyrique et mélancolique, appuyant un parfait équilibre entre crépuscule et lumière et rappelant presque le cinéma de François Truffaut.
« Adieu monde cruel » nous transporte, nous fait du bien et nous rappelle gentiment qu’après la pluie vient le beau temps.
Sortie salle (France) : 9 septembre 2026, Diaphana Distribution




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